CHAPITRE III

LES ALIMENTS SPIRITUELS


Alors Jésus commença à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient point repenties.

" Malheur à toi, Chorozaïn ! Malheur à toi, Bethsaïda ! car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits à Tyr et à Sidon, il y a longtemps qu'elles se seraient repenties en se revêtant d'un sac et en s'asseyant sur la cendre. C'est pourquoi, je vous le dis, au jour du jugement, il y aura moins de rigueur pour Tyr et pour Sidon que pour vous-mêmes.

 " Et toi, Capernaüm ! qui as été élevée jusqu'au ciel, tu seras rabaissée jusqu'au séjour des morts; car si les miracles qui ont été faits au milieu de toi eussent été faits à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. C'est pourquoi, je le déclare, la terre de Sodome, au jour du jugement, sera traitée avec moins de rigueur que toi ! "

*

C'est vers ce moment que le tétrarque, Hérode entendit parler de Jésus. " Cet homme, dit il à ses courtisans, c'est Jean-Baptiste ! Il est ressuscite d'entre les morts ! De là, ces puissances miraculeuses qui agissent en lui ! "
Et il cherchait à le voir.

Hérode, en effet, avait arrêté Jean, l'avait garrotté et jeté en prison. Et cela, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe que lui, Hérode, avait épousée, et parce que Jean lui disait : " Il ne t'est pas permis d'avoir cette femme-là ". Hérodiade eût bien voulu faire mettre Jean à mort; mais Hérode craignait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint; il redoutait aussi la foule, qui tenait Jean pour un prophète. Il le gardait donc. Et, sur plusieurs points, sa parole le rendait perplexe, et volontiers il prenait son conseil. Or, au jour anniversaire de sa naissance, Hérode donna un festin à ses grands, aux chefs militaires et aux principaux personnages de la Galilée. Dans la salle du festin, la fille d'Hérodiade dansa; elle plut tellement au tétrarque, qu'il lui jura, par serment, de lui accorder tout ce qu'elle demanderait, quand ce serait la moitié de son royaume. Alors elle lui dit, poussée par sa mère : " Donne,moi, ici même, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste ". Le roi en fut attristé; cependant, à cause de son serment, à cause aussi de ses convives, il commanda de la lui donner. Un garde alla et décapita Jean dans sa prison. Il rapporta sa tête sur un plat et la donna à la jeune fille, qui la remit à sa mère. Les disciples de Jean vinrent prendre son corps et l'ensevelirent; puis ils allèrent en informer Jésus.

Ayant appris cet événement, Jésus partit de là, en barque, pour se retirer à l'écart, dans quelque endroit solitaire. Mais la foule, l'ayant su, sortit des villes et le suivit à pied, et, en débarquant, il vit cette foule immense, il en eut compassion et il guérit leurs malades.

*

Comme le jour commençait à baisser, les Douze s'approchèrent : " Renvoie les foules, dirent-ils à Jésus, qu'elles aillent dans les bourgs, dans les campagnes environnantes pour trouver des vivres. Ici, c'est le désert ! et déjà il se fait tard ".

Alors Jésus : " Les foules n'ont pas besoin de s'en aller ! Vous-mêmes, donnez-leur à manger ".

Puis, considérant la multitude qui s'assemblait autour de lui, il dit à Philippe : " Où donc achèterons-nous du pain pour nourrir tout ce monde ? " Il lui posait cette question pour l'éprouver, car, quant à lui, il savait bien ce qu'il allait faire. " Si l'on voulait que chacun en reçût un tout petit morceau, répondit Philippe, deux cents deniers de pain seraient insuffisants ! " Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? Allez et voyez ". L'un des disciples, André, le frère de Simon Pierre, dit à Jésus : " Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons. Mais qu'est-ce que cela pour une telle foule ? " " Apportez-les moi ici, dit Jésus, et faites asseoir ces gens par groupes sur le gazon ".

L'herbe verte était très abondante en ce lieu-là, et ils s'assirent par rangées de cent et de cinquante.

Jésus, prenant les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux au ciel; il prononça la bénédiction, rompit les pains et les donna aux disciples pour les distribuer à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Ils en eurent autant qu'ils en voulurent. Tous mangèrent, tous furent rassasiés. Jésus dit alors a ses disciples : " Ramassez les morceaux qui sont restés, afin que rien ne se perde ". Ils les ramassèrent donc, et des restes des cinq pains d'orge et des poissons ils remplirent douze corbeilles qu'on emporta. Or, le nombre des convives avait été d'environ cinq mille hommes.

Tous ces gens, témoins du miracle que Jésus avait fait, disaient : " Celui-là est véritablement le prophète qui doit venir dans le monde ! "

Sachant alors qu'ils allaient l'enlever de force pour le faire roi, Jésus contraignit ses disciples à remonter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait la foule. Puis, des qu'il l'eut congédiée, il gravit la montagne et s'y retira a l'écart, pour prier dans la solitude. La nuit vint. Il était là, seul.

*

Pendant ce temps, la barque, déjà au milieu de la mer, était battue des flots, ayant le vent contraire. Or, à la quatrième veille de la nuit (vers trois heures du matin), il vint à eux en marchant sur la mer. Quand les disciples le virent, marchant sur la mer, ils furent bouleversés, et dirent, en jetant des cris de terreur : " C'est un fantôme ! " Aussitôt il leur parla, il leur dit : " Rassurez-vous, c'est moi, soyez sans crainte ". Pierre alors s'adressa à lui : " Si c'est toi, Seigneur, commande que je vienne à toi sur les flots ". " Viens ", dit Jésus. Descendant de la barque, Pierre marcha sur les flots et alla vers Jésus; mais, quand il sentit la violence du vent, il fut pris de peur et commença à s'enfoncer. Alors, il s'écria : " Seigneur, sauve-moi ". Jésus étendit la main et lui dit en le saisissant : " Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? " Ils entrèrent dans la barque et le vent cessa. Alors ceux qui s'y trouvaient se prosternèrent devant lui, disant : " Tu es vraiment le Fils de Dieu ".

Ayant passé l'eau, ils arrivèrent au pays de Génézareth. Les gens de l'endroit, l'ayant reconnu, firent prévenir tout le voisinage et lui présentèrent tous leurs malades, le priant de les laisser seulement toucher la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent furent guéris.

*

Alors des pharisiens et des scribes, qui arrivaient de Jérusalem, s'approchèrent de Jésus et lui dirent : " Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Ils ne pratiquent pas l'ablution des mains, lorsqu'ils prennent leur repas ". Il leur répondit ainsi : " Et vous, pourquoi transgressez-vous, au profit de votre tradition, le commandement de Dieu ? En effet, Dieu a dit : Honore ton père et ta mère et : qu'il soit puni de mort, celui qui maudira son père ! Mais vous, voici ce que vous enseignez : Celui qui dira à son Père ou à sa mère : Je déclare offrande à Dieu ce dont je pourrais t'assister, ne sera point tenu d'honorer son Père ou sa mère. Et c'est ainsi qu'au profit de votre tradition, vous avez réduit à néant la parole de Dieu. Hypocrites ! C'est bien à vous que s'applique la prophétie d'lsaïe :

C'est des lèvres que ce peuple m'honore !
Quant à son coeur, il est fort loin de moi !
C'est en vain qu'ils me rendent un culte;
Ils enseignent des doctrines qui ne sont que des ordonnances humaines ! "

Rappelant à lui la multitude, il lui dit : " Ecoutez et comprenez; ce qui rend l'homme impur, ce n'est pas ce qui sort de la bouche ".(sic) Les disciples s'approchèrent alors et lui dirent : " Sais-tu que les pharisiens, en entendant ces paroles, ont été scandalisés ? " Il leur répondit : " Toute plante que n'a point plantée mon Père céleste sera déracinée ! Quand un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous deux dans une fosse ". Pierre, reprenant, lui dit : " Explique-nous la parabole ". Et il leur répondit : " Etes-vous encore, vous aussi, sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va au ventre et, de là, est rejeté en quelque lieu secret ? Mais ce qui sort de la bouche vient du coeur; et voila ce qui rend l'homme impur ! Pensées mauvaises, homicides, adultères, fornications, vols, faux témoignages, calomnies viennent en effet du coeur; oui, voilà ce qui rend l'homme impur ! Quant a manger sans avoir pratiqué l'ablution des mains, ce n'est point contracter une impureté ".

*

Jésus partit de là et se retira du coté de Tyr et de Sidon. Mais il ne put rester ignoré. Aussitôt une Cananéenne de ces contrées vint à lui en s'écriant : " Seigneur, fils de David, aie pitié de moi, ma fille est cruellement tourmentée par un démon ". Il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples intervinrent pour le prier de renvoyer cette femme; ils disaient : " Elle nous poursuit de ses cris ". Alors il prit la parole : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël ". Mais la femme se prosterna devant lui, disant : " Seigneur, viens à mon secours ". Alors il répondit : " Il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ". Elle répliqua : " Sans doute, Seigneur, mais les petits chiens mangent, sous la table de leurs maîtres, quelques-unes des miettes qui tombent du repas des enfants ". " O femme ! Ta foi est grande ! qu'il te soit fait comme tu veux ". Et à cette heure même sa fille fut guérie.

*

Parti de là, Jésus longea la mer de Galilée. Puis il gravit la montagne et y demeura. Et des troupes nombreuses arrivèrent vers lui, ayant avec elles des paralytiques, des aveugles, des sourds-muets, des estropiés et beaucoup d'autres que l'on déposa à ses pieds. Il les guérit.

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On lui amena un sourd qui avait la parole empêchée; on le pria de lui imposer les mains.

L'ayant pris à part de la foule, il lui mit les doigts dans les oreilles et, avec de la salive, il lui toucha la langue. Puis, levant les yeux au ciel, il soupira et dit : " Ephphata ! c'est-à-dire : Ouvre-toi ! " Les oreilles de ce sourd s'ouvrirent, sa langue paralysée se délia sur le champ; il parlait distinctement.

Jésus leur commanda de ne le dire à personne; mais, plus il le recommandait, plus ils le publiaient; de sorte que la foule était ravie d'admiration de voir des muets qui parlaient, des estropiés qui étaient guéris, des boîteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient. " Tout ce qu'il fait est parfait ! s'écriaient-ils.

Et tous glorifiaient le Dieu d'Israël.

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Il arriva encore une fois que la foule étant très nombreuse et n'ayant pas de quoi manger, Jésus appela ses disciples et leur dit : " J'ai compassion de cette multitude; voici déjà trois jours qu'ils ne me quittent pas, et qu'ils n'ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur qu'ils ne défaillent sur la route, et quelques-uns sont venus de loin ". Les disciples lui répondirent : Où donc trouver, en ce lieu solitaire, un assez grand nombre de pains pour rassasier une foule pareille ? " Combien de pains avez-vous ? ". leur dit Jésus. " Sept, répondirent-ils, et quelques poissons ". Il donna l'ordre à la foule de s'asseoir par terre. Puis il prit les sept pains et les poissons et, rendant grâce, les rompit et les donna aux disciples; et les disciples les donnèrent à la foule. Tous mangèrent; tous furent rassasies et des morceaux qui restèrent on emporta sept corbeilles pleines. Quatre mille hommes furent ainsi nourris, sans compter des femmes et des enfants. Quand il eut congédié les multitudes, il monta dans la barque et se rendit au pays de Magdala.

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Pour le mettre à l'épreuve, les pharisiens et les saducéens vinrent lui demander de leur faire un signe qui vint du ciel. Il leur fit cette réponse : " Le soir, ils vous arrive de dire : Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin : Aujourd'hui, il y aura un orage, car le ciel est d'un rouge sinistre. Vous savez donc juger l'aspect du ciel, et les signes du temps ou vous êtes, vous ne le pouvez pas ! Race mauvaise et adultère qui demande un signe ! Il ne lui en sera pas donné d'autre que celui de Jonas ! Car, comme Jonas fut un signe pour les Ninivites, le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. Au jour du jugement, les hommes de Ninive se leveront avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas. Or, il y a ici plus que Jonas. La reine du midi se lèvera au jour du jugement avec les hommes de cette génération et les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon. Or, il y a ici plus que Salomon ! "

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Les disciples, en passant l'eau, oublièrent de prendre des pains. Or, Jésus leur dit : " Faites bien attention, prenez bien garde au levain des pharisiens et des saducéens ". " C'est parce que nous n'avons pas pris de pains ! " pensèrent et se dirent entre eux les disciples. Jésus, le sachant, leur dit : " Comment pouvez-vous penser ici aux pains que vous n'avez pas, hommes de peu de foi ? Est-ce que vous ne comprenez pas encore ? Est-ce que vous ne vous souvenez plus des cinq pains pour les cinq mille hommes et du nombre de paniers que vous avez emportés ? Ni des sept pains pour les quatre mille hommes et du nombre de corbeilles que vous avez emportées ? Comment ne comprenez-vous pas quand je dis : Prenez bien garde au levain des pharisiens et des saducéens, que je ne vous parle pas de pains ? " Ils comprirent alors que ce n'était pas du levain qu'on met dans le pain, mais de la doctrine des pharisiens et des saducéens qu'il leur avait dit de se garder.

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Le lendemain, les multitudes, restées de l'autre côté de la mer, remarquèrent que Jésus n'était pas entré, avec ses disciples, dans la seule barque qui fût là, et que ceux-ci étaient partis seuls.

D'autres bateaux, cependant, arrivèrent de Tibériade près de l'endroit où, à la suite de l'action de grâces du Seigneur, tous avaient été nourris.

Les multitudes, voyant que ni Jésus ni ses disciples n'étaient plus là, montèrent dans ces embarcations, pour aller chercher Jésus à Capernaüm. Et l'ayant, en effet, trouvé sur l'autre rive, elles lui demandèrent : " Maître, quand es-tu venu ici ? ". Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez non pas à cause des miracles que vous avez vus, mais à cause des pains dont vous avez été nourris et rassasiés. Travaillez à acquérir non l'aliment qui périt, mais l'aliment qui subsiste en vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera, le Fils de l'homme que le Père, que Dieu a marqué de son sceau ". Ils lui dirent : " Que devons-nous faire pour faire les oeuvres de Dieu ? ". Jésus leur répondit : " L'oeuvre de Dieu est d'avoir foi en celui qu'il a envoyé ". Alors ils lui demandèrent : " Quel est le miracle que tu fais, afin que nous le voyions et que nous ayons foi en toi ? Quelle est l'oeuvre que tu accomplis ? Nos pères ont mangé la manne, dans le désert, comme cela est écrit : Il leur donna à manger un pain qui vient du ciel ". Jésus leur répondit : " Le pain qui vient du ciel, en vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous l'a pas donné : mais c'est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le pain véritable : car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde ". Ils lui demandèrent : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là ".

Jésus leur dit alors : " C'est moi qui suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim; celui qui croit en moi n'aura jamais soif. Mais je vous l'ai dit : Bien que vous m'ayez vu, vous ne croyez pas. A moi viendra tout ce que le Père me donne, et celui qui vient à moi, je ne le repousserai point au dehors; car je suis descendu du ciel pour faire non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de ce qu'il m'a donné, mais que je ressuscite tout, au dernier jour. Oui, la volonté de mon Père, c'est que quiconque contemple le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi-même, je le ressusciterai au dernier jour ".

Cependant les Juifs murmuraient contre cette parole de lui : " C'est moi qui suis le pain descendu du ciel ". Et ils disaient : " Est-ce que ce n'est pas là Jésus, le fils de Joseph, Jésus, dont nous connaissons le Père et la mère ? Comment cet homme peut-il dire : Je suis descendu du ciel ? " Jésus leur répondit : " Ne murmurez pas entre vous; nul ne peut venir à moi sans être attiré par le Père qui m'a envoyé, et c'est moi qui ressusciterai celui-là au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Quiconque a entendu le Père et a appris, vient à moi. Non que quelqu'un ait vu le Père, sauf celui qui vient de la part de Dieu; lui, il a vu le Père. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert; puis ils sont morts. Voici le pain descendant du ciel, afin qu'on en mange et qu'on ne meure point. Je suis, moi, le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Et le pain que je donnerai pour la vie du monde, c'est ma chair ".

Il y eut alors un débat entre les Juifs; ils disaient : " Comment cet homme peut-il nous donner à manger sa chair ? " Jésus reprit : " En vérité, en vérité, je vous le dis si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez pas la vie en vous-mêmes. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est une vraie nourriture, et mon sang est un vrai breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. De même que celui qui est vivant, le Père, m'a envoyé et que, moi, je vis par le Père, de même aussi celui qui me mange vivra par moi. Tel est le pain descendu du ciel. Il n'en est pas de lui comme de la manne dont se nourrirent vos pères, lesquels sont morts ensuite. Celui qui mange de ce pain-ci vivra éternellement ".

Telles furent les paroles de Jésus enseignant dans la synagogue, à Capharnaüm.

Après les avoir entendues, plusieurs de ses disciples dirent : " Cette parole est dure; qui peut l'écouter ? "

Sachant en lui-même les murmures de ses disciples à ce sujet, Jésus leur dit : " Cela vous scandalise ? Et si vous voyiez le Fils de l'homme montant là où il était auparavant ! C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et sont vie. Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas ! " (Dès le commencement, en effet, Jésus savait quels étaient ceux qui ne croyaient point, et quel était l'homme qui le livrerait). " Voila pourquoi, ajouta-t-il, je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, à moins que cela ne lui soit donné par le Père ".

Ce fut alors qu'un grand nombre de ses disciples se retirèrent de sa suite; ils ne marchaient plus avec lui. Jésus dit donc aux Douze : " Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? " Simon Pierre lui répondit : " Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle, et nous, nous avons cru et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu ".


Jésus reprit : " N'est-ce pas moi qui vous ai choisis tous les douze ? eh bien, l'un de vous est un démon ! " Il parlait de Judas, fils de Simon, l'Iscariote. Car c'était lui qui devait le livrer, lui, l'un des Douze.




(MATTHIEU ch. 11, v. 20 à 24; LUC ch. 10, v. 13 à 15. -- MATTHIEU ch. 14, v. 1 à 12, MARC ch. 6, v. 14 à 29; LUC ch. 3, v. 19, 20; ch. 9, v. 7 à 9. -- MATTHIEU ch. 14, v 13 à 21, MARC ch. 6, v. 30 à 44; LUC ch. 9, v. 10 à 17; JEAN ch. 6, v. 1 à 15. -- MATTHIEU ch. 14, v. 22 à 36, MARC ch. 6, v. 45 à 56; JEAN ch. 6, v. 16 à 21. -- MATTHIEU ch. 15, v. 1 à 20; MARC ch. 7, v. 1 à 23; LUC ch. 6 v. 39. -- MATTHIEU ch. 15, v. 21 à 28; MARC ch. 7, v 14 à 30. -- MARC ch. 7, v. 31 à 37; MATTHIEU ch. 15, v. 29 à 39; MARC chap. 8, v. 1 à 10. -- MATTHIEU ch. 16, v. 1 à 4 ch. 12, v. 38 à 42; MARC ch. 8, v. 11 à 13; LUC ch. 11, v. 16, 29 à 32; ch 12, v, 54 à 56. -- MATTHIEU ch. 16, v. 5 à 12; MARC ch. 8, v. 14 à 21; LUC ch. 12, v. 1 . -- JEAN ch. 6, v. 22 à 65 ) .